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Les Québécois sont un peuple habitué à l’hiver, un peuple qui a appris à survivre même dans les conditions les plus désagréables. Par conséquent, ils se sont accoutumés à l’hiver politique qui règne depuis plus de 250 ans sur leur patrie. En effet, ils n’ont qu’une fraction des droits et des pouvoirs qui devraient leur revenir de droit afin de pouvoir pleinement s’autodéterminer. À la longue, ils ont même fini par trouver un certain confort dans cet hiver froid et sec, un peu comme la chaleur qu’on retrouve au coin du feu lorsque la tempête fait rage dehors. Ce confort n’est pourtant qu’illusion, le moins pire des maux, alors que les Québécois pourraient aspirer à tellement plus. 

Parfois, l’hiver libéral est trop dur une année et le peuple en a assez. Quand on les maltraite trop durant leur confort léthargique, les Québécois sont les premiers à se révolter contre le gouvernement les ayant bafoués et à faire un pas vers l’été. Ainsi, plusieurs printemps fort prometteurs ont eu lieu en 1976 et en 1994 pour ne nommer que ceux-là. Lorsque le printemps arrive enfin, tout semble plus beau, comme s’ils avançaient à pas de géant pour sortir de leur misère camouflée. Partout, les bourgeons commencent à éclore et le plus beau d’entre eux, le bourgeon de la souveraineté, s’ouvre lentement aux Québécois.

Après le printemps de toutes les promesses, vient le temps de faire entrer l’été dans leur cœur, le temps d’atteindre leur plein potentiel. C’est le moment d’arrêter de survivre, comme ils l’ont fait toutes leur vie en hiver, pour enfin vivre, tout simplement. Plus l’été approche, plus les espoirs grandissent chez les Québécois, qui voient la fin de leur sommeil perpétuel approcher. La neige commence lentement à fondre et on en voit surgir une nation fière, sûre d’elle et prête à prendre les rênes de sa destinée. Même les plus sceptiques commencent à croire à l’émancipation de leur peuple et rêvent à un pays qui sera le leur.

Malgré l’excitation et la hâte dans l’air, certains Québécois éprouvent une certaine nostalgie de ces hivers passés au bord du feu et décident d’abandonner l’épanouissement de leur nation face à la peur de l’inconnu. Que fera-t-on le soir si on n’a plus à se réchauffer pour ne pas mourir de froid? S’ennuiera-t-on des batailles de boules de neige? Que fera-t-on avec ses vêtements chauds, qui n’auront plus de raison d’être dans la chaleur agréable de l’été? Ainsi, le peuple québécois révèle son talon d’Achille, sa peur de l’inconnu, que les plus sournois n’hésitent pas à exploiter allègrement pour l’inciter à retourner se coucher dans son faux confort au lieu de se tenir debout pour ce qu’il est et pour ce qu’il veut devenir. Les Québécois étant habitués à se faire dominer par autrui, ils abandonnent aussitôt leurs idéaux et se rassoient sans faire d’histoires, conformément aux valeurs d’obéissance qu’on leur a inculquées de force depuis la Conquête.

Après avoir frôlé de très près leur épanouissement à deux reprises, les printemps se font de plus en plus rares pour les Québécois, qui s’en plaignent de moins en moins, bien endormis dans ce confort falsifié qu’on leur a enfoncé de force dans la gorge. Malgré tout, un vent de changement est dans l’air et il semble que l’hiver libéral qui dure depuis plus de dix ans tire à sa fin. Les Québécois seront-ils capables de tirer profit du printemps qui s’annonce pour enfin décrocher cet été qui marquera leur décolonisation du régime anglais leur ayant fait tant de tort ? L’histoire s’écrira en temps et lieux et si les Québécois se tiennent debout sans fléchir, alors ils pourront enfin cesser de survivre pour enfin vivre pleinement.






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